C’est un « Piccadilly » plein comme un œuf qui a fait un triomphe aux trois compères de Karpatt. Le trio n’a pas failli à la belle réputation de groupe de scène qui le précédait. Chaud, très chaud
Ce sont des monstres ces Karpatt. De chauds latins très swing. Présentation : au chant et à la guitare, aux mots et aux notes, Fred; à la contrebasse, RV; à la guitare et aux chœurs, Gets. Sans oublier la participation de Julie, la touche de féminité du groupe. Deux heures de spectacle Pas avares, les musiciens ont offert la quasi intégralité des 19 titres de leur excellent album « Dans le caillou » plus quelques autres, soit deux heures de spectacle « où on chante et où on transpire ». Un spectacle participatif et festif, drôle et enlevé avec « des chansons qui font voyager dans des endroits où les mots jouent à chat perché ». Une sorte de joyeux melting-pot musical aux ambiances changeantes mêlant tango et valse, swing manouche et air des Balkans, flamenco et bossa nova. Karpatt a semé ses histoires de mouches qui aiment le jazz manouche, de magicien, de déménagement, de tango endiablé, de vieilles, de zinc... Au milieu de ces « petits cailloux » jetés à la volée, se cachait un tendre « Léon », morceau magnifique parasité, c’est bien dommage, par un brouhaha venu du fond du bar... Il y a des Têtes Raides chez Karpatt. Du Gainsbourg des débuts aussi. Et puis, du Brassens, du Django... En somme, il y a plein de choses et surtout du Karpatt. L’ambiance déjà très chaude est montée d’un cran sur un final de feu complètement débridé avec un « Lalala » - « une chanson à la mode/une chanson qui sert à rien » - repris en chœur avec vigueur par le public. Et ça continue encore et encore Rappelé, rappelé et encore rappelé, les Karpatt pensaient tenir le bon bout avec une « petite chanson bretonne de marins de Paname » pour se quitter. Enfin, c’est qu’ils croyaient car personne n’était disposé à aller se coucher. Alors, vu qu’il était tard et que les enfants étaient couchés, les Karpatt se sont permis une « paillarde soft » en guise d’énième rappel, une histoire de « Mélisande » fort bien pourvue par la nature. Un petit dernier pour la route ? « Allez tout le monde sur le pont, les hommes, les femmes et les poivrots, ça va être à vous de chanter le refrain debout sur les tables »...