Nicolas Bacchus
Tendre, drôle et corrosif, le chanteur Nicolas Bacchus a enchanté le public du Piccadilly, jeudi soir, avec ses « balades pour enfants louches » et ses baratins entre les chansons.
Après trois semaines à Paris, le Toulousain Nicolas Bacchus promène ses nouvelles chansons en Bretagne. Il a fait escale au Piccadilly, fréquenté par de nombreux spectateurs attentifs, curieux, et au bout de la soirée, ravis de la découverte. Bacchus, dieu du vin, et surtout des plaisirs de la vie, est un nom qui sied très bien à Nicolas, pour son plaisir du jeu et du partage avec les spectateurs. Il happe d’un bout à l’autre son auditoire, du rire au grincement de dents. N’hésitant pas à affirmer ses humeurs au sujet de l’actualité politique, il épingle aussi nos travers, et n’est pas économe, question autodérision.
Du caustique au tendre
Il chante ses amours, différentes et universelles à la fois. « Pas la peine de me chercher à la Gay Pride, dans ta TV, j’passe pas ma vie à m’planquer, j’ai pas besoin d’un jour pour m’montrer », clame-t-il, dans « Ton fils…dort avec moi ». Le chanteur énumère ainsi ses tentatives amoureuses, plus ou moins réussies, de son écriture imagée et dense, et surprend le spectateur au détour d’un vers, avec une contrepétrie bourrée d’humour. Ailleurs, il affirme que « rester ne vaut que si l’on peut partir », l’artiste se dévoile alors tout en tendresse et en subtilité.Un final mémorable
Le public se plaît à le suivre de baratin caustique en chansons tendres, nostalgiques, ou révoltées, toujours bien écrites ; s’il s’accompagne à la guitare, Nicolas Bacchus est soutenu par Hélène Billard au violoncelle, qui habille superbement ses mélodies. Le chanteur a gratifié le public de quelques nouvelles chansons, preuves d’une évolution très prometteuse, et a offert quelques titres d’autres auteurs (magnifique « Etrange » de Leprest, Vintrigner, Cadé, musique de Jehan), une version personnelle des « Oiseaux de passage » de Richepin et Brassens. L’artiste a terminé avec éclat, par une version rock’n’roll et satirique du « Petit âne gris », absolument mémorable, qui a débouché sur quelques autres titres réclamés avec force par le public !