Nosfell explose les cadres

Publié le par piccadilly

Il ne fallait pas arriver en retard au « Piccadilly » mercredi; il fallait même être là très tôt ! Une heure avant le concert, plus une place n'était disponible alors que des spectateurs attendaient encore dehors. La venue de Nosfell, ac compagné de Pierre Le Bourgeois au violoncelle, était un événement, le public ne s'y est pas trompé. Il y a sans doute bien longtemps que l'artiste - que les plus grands festivals se sont arraché cet été - n'avait pas joué dans un lieu si petit, si proche du public. Un monde mystérieux.
D'entrée, un pied nu posé sur la guitare, dans la position d'un danseur indien, le chanteur donne le ton. Un concert de Nosfell n'est pas un concert comme un autre. C'est une expérience musicale hors normes et hors cadres. C'est déroutant, parfois; subjuguant, toujours. Quelques présentations s'imposent. Nosfell est originaire de Klokochazia (pour la prononciation, chacun se débrouille) et il chante, en Klokobetz, les histoires de Darazdeblek, de Chimdega... Sans doute trop à l'étroit dans la réalité, l'artiste s'est, en effet, inventé un monde mysté rieux dont lui seul à la clé. Autant dire que le simple mortel aurait peu de chance d'y comprendre mot sans l'intervention d'un conteur, à la voix chevrotante et à l'accent klokochazien, mélange d'orient et d'occident, posant le décor des chansons. Nosfell est plusieurs
Ce conteur n'est autre que Nosfell. C'est un détail important : l'homme est plusieurs. On frôle la schizophrénie ! Le principe n'est ni scientifique ni même logique, simplement poétique. Le chanteur élastique, physiquement et vocalement, navigue dans des registres si éloignés que c'en est déconcertant. D'une voix rauque de vieux rockeur, travaillée au whisky et à la cigarette, il passe, dans un même morceau, à celle d'un adolescent prépubère. Et que dire quand déboule un chant tribal furieusement scandé à la façon d'un haka... Nosfell e st un phénomène quasi paranormal absolument fascinant. Loin des formats radiophoniques, le chanteur embarque son auditoire sur des morceaux au long cours pour un voyage vers des contrées inexplorées. Les spectateurs du « Piccadilly » ont apprécié la balade.
Telegramme Sanuel Uguen

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Publié dans Résumés

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